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Soul, Funk et R&B, une musique inspirante

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We Three Kings of Orient Are par Ella Fitzgerald

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Ce soir, vu que nous sommes l’Epiphanie, nous vous proposons une chanson d’Ella Fitzgerald, intitulé We Three Kings of Orient Are, Nous sommes trois rois d’Orient, qui est sorti dans son deuxième album de Noël, Ella Fitzgerald’s Christmas Album, sorti en 1967.

 

En 1960, Ella Fitzgerald avait sorti un premier album de Noël, Ella Wishes You a Swinging Christmas chez Verve. Ce deuxième disque des Fêtes est sorti sept ans plus tard dans sa nouvelle maison de production, Capitol Records. Il a été arrangé et produit par Ralph Carmichael qui a également produit l'album de Noël de Nat "King" Cole, ce qui explique le son similaire entre les deux albums de Noël. Alors que le premier album d’Ella comprenait une majorité de chansons laïques, celui-ci n’était composé que de morceaux religieux, dont Silent Night, Joy to the World et O Come All Ye Faithful. Parmi lesquels se trouve aussi la chanson qui nous intéresse aujourd’hui, We Three Kings of Orient Are.

 

 

Ella Fitzgerald naît le 25 avril 1917 à Newport News, en Virginie, mais grandit dans la petite ville de Yonkers, près de New-York. Comme beaucoup de ses amis, elle rêve de succès et de la scène, se nourrissant de l'effervescence musicale du quartier de Harlem. Si sa famille n’a pas les moyens de lui payer des cours de musique, elle encourage toutefois sa vocation d'artiste. On lui conseille de chanter, mais la jeune Ella préfère les rythmes endiablés des claquettes, du ragtime et du Turkey Trot, ces danses qui agitent les rues et les clubs de Harlem dans les années 1920 et 1930. Ella Fitzgerald commence à chanter très jeune, 16 ans, alors qu’elle rêvait d’être danseuse. C’est à l’Apollo Theatre qu’elle remporte l'Amateurs Night en 1934. Elle est remarquée par Bardu Ali de l'orchestre de Chick Webb, qui convainc Webb de l'engager. Ella obtient ses premiers succès – dont fait partie la berceuse A-Ticket A-Tasket en 1938. En 1939, au décès de Chick Webb, elle reprend l’orchestre qui s’appellera «Ella Fitzgerald and Her Famous Orchestra». Ella débute une carrière solo en 1941 se marrie avec Benny Koregay, son mariage fut annulé lorsqu’elle a découvert que son mari avait un passé criminel, mais est victime de la discrimination. Marilyn Monroe lui apportera son soutien. Sous son nom (Ella Fitzgerald and Her Famous Orchestra), elle enregistre des titres comme Baby Won’t you Please Come Home et Cabin in the Sky. En 1941, cependant, elle dissout le big band. En 1942, elle débute une carrière solo. C’est à cette époque qu’elle incorpore à ses improvisations le scat, une forme de jazz vocal où des onomatopées sont utilisées plutôt que des paroles. C'est vraiment à partir de 1945 qu'elle développe le scat, elle en fait un langage, avec des morceaux comme "Flying home" (1945), ou "How high the Moon" dont il faut écouter la première version, extraordinaire, qu'elle a enregistrée en 1947. Elle fait aussi en 1942 une apparition dans le film du duo comique Abbott et Costello Deux nigauds cow-boys, réalisé par Arthur Lubin.

 

Louis Armstrong est le premier, en 1946, à mettre en valeur ses prouesses vocales dans des standards de légende et lui fait superbement chanter le Porgy and Bess de Gershwin (1948). Dizzy Gillespie l’intronise grande prêtresse du be-bop, à la faveur de jam-sessions qui lui confèrent toute son aura. En 1948, elle épouse Ray Brown, un bassiste qu'elle rencontra à l'occasion d'une tournée avec Dizzy Gillepsie, de qui elle divorce en 1953. Le couple a adopté un garçon répondant au nom de Ray Jr. En 1955, elle quitte Decca, et travaille avec le manager et producteur Norman Granz, et quitte sa maison de disques pour Verve Records, un label que Norman Granz crée pour elle. Fervent défenseur des droits de la communauté noire américaine, celui-ci se heurte cependant à de nombreuses discriminations. En 1957, la chanteuse a connu l'une de ses années les plus prolifiques de sa carrière. Avec Count Basie, elle enregistre, en 1963, un album (Ella and Basie !) qui reste l’un des temps forts de sa carrière. Duke Ellington, dont elle est l’interprète insurpassable dans Take the «A» Train, la sollicite pour l’album Passion Flower (1965) et l’emmène dans ses tournées aux États-Unis et en Europe. Entre-temps, Ella enregistre avec le trio de Ray Brown (1926-2002), son mari de 1947 à 1953, et consacre au blues un album mémorable (These are the blues, 1963). En 1959, elle obtient le Grammy Award de la meilleure chanteuse de variétés. Elle le remporte à nouveau en 1960, 1961 et 1963, et se permet un album de Noël en 1960, Ella Wishes You a Swinging Christmas. En 1968, elle écrit et enregistre une chanson pour le pasteur Martin Luther King, assassiné en avril de la même année. Dans les concerts où elle se produit comme dans les festivals auxquels elle participe (Antibes-Juan-les-Pins, 1964 ; Newport, 1973), elle contribue au rayonnement du répertoire américain de jazz.

 

Dans les années 70, alors que le jazz cède du terrain au rock’n’roll et à la pop music, Ella enregistre l’album live Jazz at Santa Monica Civic et donne une série de concerts au Caesar’s Palace de Las Vegas. Son succès ne décroit pas mais sa santé décline peu à peu. Souffrant de troubles de la vue, dus au diabète, Ella commence aussi à perdre la voix dans les années 1980. En 1990, elle enregistre encore All that Jazz, qui lui vaut d’obtenir son 13e Grammy Award (la plus haute distinction décernée à un artiste aux États-Unis). Elle demeure pourtant très présente sur scène jusqu’en 1991, où elle se produit au Carnegie Hall de New York, pour la vingt-sixième fois. Ce sera sa dernière prestation publique. Puis elle se retire définitivement de la scène en 1994. Sa fin de vie fut extrêmement difficile. Elle mourra d’un AVC le 15 juin 1996, après qu’on ait dû l’amputer des deux jambes et qu’elle soit devenue aveugle à cause du diabète.

Le chant a été composé par le pasteur et hymnodiste américain John Henry Hopkins Jr. en 1857 et est apparu dans sa collection Carols, Hymns and Songs en 1872. Son utilisation originale était pour une pièce élaborée de la Nativité que Hopkins mettait en scène.

 

Il est conçu comme un chant de l'Épiphanie, ce qui signifie qu'il est techniquement destiné à être chanté vers la fin des douze jours de Noël (l'Épiphanie est le 6 janvier). Mais avec sa grande mélodie et son message d'espoir, le chant populaire - qui a été initialement publié sous le titre Three Kings of Orient (Trois rois d'Orient) - est toujours l'un des plus joués tout au long de la saison de Noël, y compris avant le jour de Noël.

 

Le chant raconte l'histoire de la naissance, de la mort et de la résurrection de Jésus - et la mélodie alterne entre des vers royaux en mode éolien à consonance mineure, dans lesquels les Rois Mages annoncent les cadeaux qu'ils présentent au fils de Dieu, et un chœur majeur proclamant joyeusement la beauté de l'étoile guidant leur chemin vers la crèche dans le refrain :

 

« Ô étoile de merveille, étoile de la nuit,
Étoile à la brillante beauté royale,
Menant vers l'ouest, avançant toujours,
Guide-nous à ta parfaite lumière. »

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Mais Ella Fitzgerald ne se contente pas de faire une reprise de ce chant de Noël. Elle le rafraîchit. Ce standard devient dans un album jazz que l’on peut qualifié d’artistiquement mature un véhicule pour son élocution précise mais naturelle et subtile, phrasé vocal confiant, avec son vibrato devenant un peu plus profond et pourtant puissant avec un peu plus d'émotion qu’elle retranscrit à merveille dans cette chanson. Ella est également soutenue par orchestre et chœur et tout cela donne un côté plus chic et au ton moins médiéval, avec presque une torsion rock, qui nous invite à nous lever et nous déhancher pour suivre les Rois mages jusqu’à la Crèche bien sur sans irrévérence.

 

Ella Fitzgerald’s Christmas Album sera son dernier album de Noël. Celui-ci a atteint la 27e place du palmarès Billboard pour les albums de Noël en 1967. Attribuant une cote de quatre étoiles et demie à l’album, le site AllMusic a considére qu’il s’agissait d’un des meilleurs disques de Noël jamais faits.

 

Mais Ella Fitzgerald avait chanté une version plus classique avec des rythmes plus jazz de ce chant accolée avec un autre classique de Noël, O Little Town Of Bethlehem, dans son premier album de Noël, Ella Wishes You a Swinging Christmas, que vous pouvez découvrir à ce lien.

 

Nous espérons que cette très belle chanson vous aura donné envie de découvrir ses interprètes et nous tenons à vous souhaitez à toutes et à tous une très bonne et joyeuse Épiphanie !

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