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Soul, Funk et R&B, une musique inspirante

La musique est la langue des émotions

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Glory GloryAlleluia par Nicoletta

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Ce soir, fêtes de fin d’année oblige, nous allons vous proposer une chanson de Nicoletta, Glory GloryAlleluia, sorti en single en 1974.

 

A l’origine, cet hymne était tout sauf un chant de Noël. C’est un hymne chrétien Say, Brothers, Will You Meet Us, originaire de Charleston, écrit et composé par William Steffe vers 1856, et chanté dans les réunions de meetings méthodistes et les églises des noirs libres. Au début de la guerre de Sécession, le texte, maintenant intitulé John Brown’s Body (Le corps de John Brown), est détourné par des soldats nordistes, en hommage à John Brown, martyr de la cause abolitionniste et les nouveaux vers sont lourds de sens : « Le corps de John Brown est étendu, immobile dans sa tombe, mais sa vérité continue d'avancer ». Cette version s'impose comme un chant très populairecôté nordiste, car il demande la libération des esclaves du sud. Sur la suggestion d’un ami, la poétesse américaine Julia Ward Howe détourne à son tour en novembre 1861 le texte pour en faire l'hymne de l'Union intitulé Battle Hymn of the Republic, qu’elle publie en février 1862 dans la revue Atlantic Monthly. La dimension subversive du morceau est évacuée pour en faire un hymne à la gloire de Dieu et de l'État et aussi un chant religieux, qui évoque le jugement dernier et Noël dans son cinquième couplet :

« Dans la beauté des lys, le Christ est né au-delà des mers,

Avec une gloire en son sein qui nous transfigure ;

Comme il est mort pour sanctifier les hommes, mourons pour les libérer !

Tandis que Dieu poursuit sa marche. »

 

Chant de réveil, hymne abolitionniste, chant de bataille, chant ouvrier, standard de jazz, requiem, et aussi un hymne américain des années 1960 sur les droits civiques« L’Hymne de bataille de la République » a été réinterprété dans presque tous les contextes et genres imaginables au cours de ses plus de 200 ans d’histoire. Rien d’étonnant à ce que Noël y trouve bientôt sa place en France, grâce, entre autres, à Ethel Kennedy, à Elvis Presley, à un producteur de disques playboy et à la chanteuse française préférée de Ray Charles.

Tout commence lorsqu’Andy Williams, ami proche de Robert (Bob) Kennedy et de sa femme Ethel, chanta solennellement The Battle Hymn of the Republic, qui était une des chansons préférées de Bob, en juin 1968 à ses funérailles à la Cathédrale Saint Patrick, à la demande de sa veuve Ethel. L’interprétation tellement émouvante de la chanson fut tellement populaire que lorsque Williams sortit un enregistrement caritatif avec la chorale Saint-Charles-Borromée, le single est resté 13 semaines dans le Billboard Hot 100, atteignant la 33e place le 7 décembre 1968. The Battle Hymn of the Republic était devenu un succès de Noël inattendu.

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Elvis en fit de nouveau un succès populaire en 1972 en réinterprétant « American Trilogy » le medley de reprises de trois chansonsemblématiques du XIXe siècle (avec Dixie et All My Trials) de l’auteur-compositeur countryMickey Newbury (1971), avec un récapitulatif tonitruant du « Battle Hymn » (Même dans un registre plus introspectif, Presley restait un véritable showman).

 

Dans les années 1970, alors qu'il revient des États-Unis où il a découvert les Osmonds Brothers, Eddie Barclaya l'idée de faire chanter des enfants en France. Il confie à sa directrice artistique, Jacqueline Herrenschmidt, le soin de faire le tour des chorales. Elle contacte François Bernheim pour travailler sur des chansons. Ensemble, ils créent Noël 70. Ils ont sélectionné dix-sept jeunes chanteurs des Petits Chanteurs d'Asnières repérés par Jean-Jacques Thébaut. Les Poppys étaient nés et la chanson, appel à la paix pendant la guerre du Vietnam, s’avéra un succès. Pendant les trois années suivantes, Les Poppys rencontrèrent un immense succès européen. En 1973, ils sortirent An American Trilogy, dont la traduction française, libre, était signée Herrenschmidt et Bernheim.

 

La même année, André Pascal (pseudonyme d’André Pascal Nicolas di Fusco), l’un des paroliers les plus prolifiques de Barclay, s’attaqua à réinterpréter The Battle Hymn . Pour ce dernier, Pascal a décidé de garder le refrain mais de remodeler les vers, transformant la chanson en un plaidoyer pour la paix, bien que moins strident que Noël 70 des Poppys. La ligne d’ouverture apocalyptique de Julia Ward Howe (« Les yeux des miens ont vu la gloire de la venue du Seigneur ») a été changée en la rosée « La plus belle nuit du monde / C’est cette nuit de Noël ». La chanson continue, retraçant l'histoire de la naissance dans la crèche et l'étoile de Bethléem qui appelle tous les peuples à vivre en harmonie (« Tant de choses les séparent/ Cette étoile les unit »).

 

Avec son message touchant, sa mélodie familière et son rythme entraînant, « Glory, Alleluia » avait tous les ingrédients d'un succès de Noël, certes agréable mais vite oublié. Ả Noël 1974, Nicoletta, peu après avoir interprété en français la chanson du film Papillon, chantera, avec sa puissante voix, une splendide version « soul » de Glory Alleluia pour une messe de minuit organisée par RTL, enregistrant ainsi son premier gospel.

 

Née en 1944 sur les rives du Léman, à Logny, Nicoletta de son vrai nom Nicole Chappuis-Grisoni, s’est très tôt livrée à elle-même à cause d'un père absent et d'une mère déficiente mentale qui l’a eue suite à un viol, c’est sa grand-mère qui la prend sous son aile et lui donne goût à la musique. Elle chante dans les chorales et se plait à fredonner des rythmes de jazz, de blues et de gospel, des influences qui berceront la plupart de ses mélodies. La chanteuse, qui a fait ses débuts comme DJ dans les clubs parisiens en 1961, s’est fait connaître grâce à la chanson Encore un jour sans toi, sortie en 1966 grâce à Léo Missir, directeur artistique chez Barclay, qui lui fait enregistrer ses quatre premiers titres dont celui-ci. Par la suite, celle qui boude à l’époque la télévision au profit des spectacles live interprète dès 1967 deux de ses plus grands tubes : Il est mort le soleil et La Musique, ainsi que «Les Orgues d'antan», adaptation du classique «A Whiter Shade of Pale» de Procol Harum. En 1968, elle effectue une tournée avec Johnny Hallyday et chante «Il n'en restera rien». Dès lors, Nicoletta impose l'image d'une chanteuse au tempérament exigeant voire difficile. Les règles du show-biz ne lui conviennent pas toujours, en particulier le principe du play-back contre lequel elle luttera souvent. En revanche, le public l'apprécie énormément pour sa voix exceptionnelle, mais aussi pour sa personnalité joyeuse et rebelle. En mai 1968, elle est de tout cœur aux côtés des manifestants, allant parfois chanter pour les grévistes dans les usines. Les hits s'enchaînent rapidement : «Jeff», «Quand on n'a que l'amour» (Jacques Brel) et «Ma vie c'est un manège» alternent avec des tournées et un rôle dans le film Aller simple de José Giovanni.

 

Le début des années 70 est une période d'incessants voyages pour Nicoletta. En 1972, elle tourne en Turquie, en Afrique, fait 100 dates en France au cours de l'été puis à l'automne, c'est le Japon et enfin le Brésil à la fin de l'année ! Elle est accompagnée pour ces tournées par un groupe de huit musiciens, T.N.T.H. À cette époque durant laquelle on la voit aussi beaucoup à la télévision, elle continue de plus belle sa lutte contre le play-back quasiment obligatoire et auquel se livrent la plupart des artistes en vogue sur les plateaux de télé. En 1971, l'album Visage enregistré avec le groupe de rock Zoo crée le scandale par sa chanson «Dieu est nègre», éclipsée par le tube «Mamy Blue» (à propos de sa mère déficiente mentale). Le titre sera repris très souvent au cours des années suivantes par des artistes comme Demis Roussos, Dalida ou le quatuor américain du Golden Gate Quartet. L'album suivant, Nicoletta 73, brille par les tubes «Les Volets clos» (thème du film) et l'adaptation de «Fio Maravilla» (Jorge Ben). Le titre «Enfants venez chanter l'espoir» obtient le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros. En 1973, elle fonde son propre label, Rapa Nui, afin de se produire mais aussi dans le but d'aider de jeunes chanteurs. Nicoletta continue de tourner dans le monde entier et d'enregistrer des disques en différentes langues. En 1974, elle remporte le Prix Charles-Cros avec le disque Enfants venez chanter l'espoir. Elle est également choisie pour interpréter le générique de la version française du film Papillon de Franklin J.Schaffner. Après un Olympia 1975 triomphal et deux albums, et son mariage avec Patrick Chapuis, un bijoutier suisse en 1978, de qui elle a an après leur mariage, un petit garçon, Alexandre, la carrière de Nicoletta connaît quelques revers avec les demi-succès des albums Naturel ma belle (1980) et Qu'est-ce qui m'arrive ? (1982).

 

Nicoletta fait un retour remarqué grâce au duo «Idées noires» avec Bernard Lavilliers en 1983. Par la suite, Nicoletta après un passage à vide dû à son divorce en 1985, participe aux comédies musicales Grandeur et décadence de Mahagony en 1987 et joue l'Esméralda de Quasimodo, mis en musique par William Sheller en 1989. A la fin des années 80, Nicoletta rencontre quelques soucis financiers qui l'obligent à multiplier les galas et les tournées. Mais ce n'est pas pour lui déplaire… En 1990, elle apparaît dans un épisode de la série Le Triplé gagnant, et en 1999, du Commissaire Moulin. En 1992, après le décès de sa grand-mère, elle se tourne vers la religion et décide de monter une chorale de gospel, avec qui elle donne des concerts. Elle dévoile ainsi son premier album live qui comporte le morceau Quand on n’a que l’amour de Jacques Brel. Elle donne ensuite des concerts en faveur du tiers-monde. Après des collaborations avec William Sheller (l'album J'attends, J'apprends passé inaperçu en 1995, puis il écrit et réalise entièrement Connivences en 1998), elle part en tournée avec The Gospel Choir en 1997. Du 5 au 9 octobre 1999, Nicoletta fête ses trente ans de carrière au Casino de Paris. Elle chante ses propres tubes mais aussi les standards qu'elle aime, que ce soit du jazz, du blues ou de la variété. Puis la chanteuse reprend ses spectacles gospel avec beaucoup de succès. On la voit sur de nombreux festivals, de chanson, de jazz ou de blues (Festival du Creusot 2000, Eté Frappé Festival 2001). En mai 2001, elle donne plusieurs concerts à La Réunion et à Mayotte, deux îles françaises de l'océan Indien. Nicoletta enchaîne sur une grande tournée européenne après que la Star Academy reprend un de ses tubes de 1967, La musique, lui permettant de ressortir une compilation de ses succès, 30 ans de passion (originellement parue en 1999), et elle joue la plupart du temps à guichets fermés jusqu’à la fin de l’année 2002. L'album Rendez-Vous en 2006 qui lui offre quant à lui des reprises de standards de jazz tels que Summertime ou Georgia on my Mind, et y invite Lavilliers et Manu Chao, Ici et Ailleurs en 2013, est avec Florent Pagny et JoeyStarr avec lequel elle s’associe pour la reprise de son célèbre titre Mamy Blue en 2011. La chanteuse a le cœur sur la main, elle chante pour de nombreuses causes : en mars 2000, c’est pour les Voix de l'espoir qu’elle revisite son répertoire et en novembre 2001, c’est pour le centenaire de l’association de l'Action Catholique Générale Féminine qu’elle chante à l’unisson avec ses Gospel Voices. En 2007, sont publiées ses Mémoires sous le titre La Maison d'en face (Florent Massot). Fin 2009, Nicoletta fête ses 40 années de scène à travers un récital à l'Alhambra de Paris, suivi d'une tournée. Elle a été nommée Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres en janvier 2010.

 

Depuis les années 1990, Nicoletta partage la vie de Jean-Christophe Molinier, qu’elle a épousé en 2011. Pour la chanteuse, son mari de quinze ans son cadet est un soutien important, tant sur le plan personnel que professionnel. En 2018, elle est apparue dans Les Ombres du passé sur France 2 aux côtés de Samuel Le Bihan. Elle reste une figure de proue de la musique française en s'associant à la tournée Âge Tendre jusqu'en 2019 et participe à une croisière musicale aux côtés d'autres artistes légendaires de sa génération. En 2021 paraît son album Amour et pianos, issus d’une collection d’albums acoustiques produits par le label Pias. En piano-voix, et accompagnée sur deux titres par le trompettiste Erik Truffaz, elle y reprend ses grands succès, Mamy blue, Il est mort le soleil (en duo avec Marina Kaye) ou Où es-tu passé mon Saint-Germain-des-Prés. Elle dévoile également une chanson inédite, écrite et composée par Carla Bruni, Mon Jésus-Christ. En 2022, elle intègre le jury de l’émission Eurovision France, c'est vous qui décidez ! En 2024, son titre Fio Maravilha est remixé par le groupe français Bon Entendeur, et parait en coffret l’intégrale de ses enregistrements. En 2025, âgée de 81 ans, la compagne de Jean-Christophe Molinier, qui est partie en tournée Gospel au mois d’avril, enchaîne les projets, comme elle l’a confié lors d’une interview accordée à Télé Star. Elle va se lancer dans une toute nouvelle aventure à la télévision. Elle est invitée sur une adaptation télé du film Maison de retraite, de Kev Adams début 2026. Nicoletta, qui a refusé de chanter pour la réouverture de Notre-Dame en 2025, a également dévoilé si le fait d’avoir 81 ans l’incite à profiter encore plus de la vie. En 2026, elle fête ses 60 ans de carrière.

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Les Poppys l’ont aussi enregistré dans un 45 tours la même année dans une version tout aussi choral et gospel (ce qui prouve qu’Eddy Barclay avait bien compris le potentiel commercial de cette chanson).

La chanson devint ainsi un succès populaire en France de Noël si bien que la star française Sheila l'a enregistré un an plus tard dans son 33 tours Quel tempérament de feu, où il figure parmi les trois inédits de fin d’année. Il semblerait que Carrère souhaitait le sortir en single dès Noël 74, mais fut coiffé au poteau par Barclay et Nicoletta. Cette version sent bon, quant à elle, les combinaisons à paillettes, les bottes à talon et les arrangements seventies soignés.

La chanteuse québécoise Nicole Martin en a fait un succès en 1979 en l'incluant dans un album regroupant d'autres chansons traditionnelles (comme Petit Papa Noël). C'est cet enregistrement que Claude Saucier, animateur de l'émission C'est Si Bon à Radio-Canada,désigne comme le moment où Glory, Alleluia est devenu aussi emblématique du Noël québécois que la tourtière de Noël.

Céline Dion interprétera d’ailleurs sa propre version de l’hymne de Noël en 1981, très respectueuse de sa grande prédécesseuse, mais sans comparaison tant sa voix était déjà sa marque de fabrique. Elle l’interpréta d’ailleurs acapella tel qu’on peut le voir ici.

 

Nous espérons que vous aurez apprécié cette chanson et qu’elle vous aura donné envie de découvrir son interprète ! Et nous tenons à vous souhaiter à toutes et à tous une très bonne et joyeuse année 2026 !

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